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M. Cyril Hadji-Thomas, un ingénieur Libanais-Français , a decidé de s’installer à Berytech avec tout un groupe de jeunes développeurs pour y lancer Amphipole.
Voilà ce qu’il nous raconte à propos de son entreprise.
Ghada Moubarak : Comment pouvez-vous nous définir l'activité de Amphipole ?
Cyril Hadji –Thomas : Amphipole a pour vocation de faire émerger des projets industriels ou commerciaux pour lesquels la technologie, Internet notamment, est le principal vecteur de création de valeur. En général, les entreprises qui font appel à nous cherchent à développer leur activité sur Internet, ou bien à vendre leur logiciel interne à l’ensemble de leur marché. Ces entreprises connaissent très bien leur métier mais elles se heurtent à un manque de savoir-faire technologique en interne et ne savent pas intégrer ces dernières dans leur stratégie. Au lieu de proposer du conseil ou bien la réalisation technique d’un outil, nous prenons en gestion complète ou partielle le projet jusqu’à ce qu’il atteigne ses objectifs ou sa vitesse de croisière. C’est en quelque sorte une activité « clé en main » que nous livrons, comme d’autres livrent des usines « clé en main ». Il nous arrive de créer une entreprise de toute pièce dédiée au projet et de gérer tous ses aspects : juridiques, financiers, marketing, commerciaux, et bien sûr technique. De fait, nous faisons payer nos services, comme le développement d’un site web par exemple, mais surtout, notre rémunération se fait au succès du projet, ce qui est un gage de sérieux et d’investissement de nos équipes vis à vis de nos partenaires.
G M :Sachant que vous êtes installé en France qu’est-ce qui vous a poussé à venir au Liban et à y lancer votre activité?
CHT :Tout d’abord, nous avions envisagé de créer une antenne de nos activités à Dubaï pour commercialiser les systèmes d’information que nous développions pour la région. Cependant, géographiquement, le Liban est plus central. De plus, la présence d’universités de qualité crée un environnement plus propice à l’innovation. Enfin, le trilinguisme en fait un pays unique dans le monde arabe. Malgré la grande instabilité politique et le manque d’infrastructures de télécommunication efficaces, le Liban est vite devenue notre base principale.
GM : Quels sont les principaux marchés sur lesquels vous travaillez ? Qui sont vos importants clients ?
CHT:Nous développons nos activités sur les secteurs de l’immobilier, du tourisme, des media, de l’édition et de la distribution de livres et du e-commerce en général. Nos principaux partenaires et clients au Liban sont la Librairie Antoine et Levant Distributors. Nous avons également de nombreux clients en Europe comme Lamy (Nexcity) et Urbania qui sont parmi les plus gros opérateurs de service immobilier en France.
GM : Qu'est-ce qui vous a amené à choisir Berytech pour établir vos bureaux au Liban ?
CHT :Nous cherchions des locaux adaptés à notre activité dédiée aux technologies, d’une part et d’autre part, il était important pour nous d’être immergé dans un environnement d’innovation. Berytech nous apportait tout cela, en plus d’un accompagnement toujours salutaire pour une jeune société.
GM :Comptez-vous agrandir vos marchés et aller encore plus loin, vers l’Amérique par exemple ?
CHT: Nous venons d’ouvrir un bureau à New York pour y accompagner l’un de nos projets dédiés au e-commerce pour le livre. L’Amérique du Nord représente pour nous sans doute l’un des marchés les plus prometteurs. Nous préparons également des projets spécifiquement dédiés au monde arabophone pour lequel notre implantation libanaise devrait faciliter les choses. D’ailleurs Beyrouth sera Capitale Mondiale du livre l’année prochaine, ce nous pousse à présenter des projets dans ce contexte.
GM :Qu’est-ce que vous désirez dire aux jeunes pour qui le Liban n’est plus le lieu idéal pour réaliser leurs projets ?
CHT:Il est très difficile de projeter son avenir dans un pays où la stabilité n’est pas garantie. Cependant, le dynamisme des entreprises libanaises, ainsi que la qualité de ses ingénieurs notamment en font certainement un des pays les plus attractifs à moyen terme. Partir à l’étranger pour y travailler ou étudier est toujours une expérience valorisante, mais on n’y trouve pas toujours l’eldorado hypothéqué. Je pense que la plupart des jeunes qui s’expatrient sous-estiment le potentiel du Liban pour y développer une carrière. Même si nous ne pouvons présager de l’évolution de la conjoncture politique, il reste néanmoins que le Liban est un des rares pays que je connaisse où il fait bon vivre.
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